Dans le cadre d’une VAE EJE, le choix des situations est primordial. Vous êtes nombreux·ses à vous demander comment bien les choisir, comment faire en sorte qu’elles soient représentatives de votre posture professionnelle tout en étant cohérentes avec le référentiel du DEEJE. Faisons le point ensemble.

Une situation, qu'est-ce que c'est ?

Une situation n’est pas une activité. C’est un scénario vécu dans votre pratique professionnelle. Cela peut être un accompagnement d’un enfant et de sa famille en particulier par exemple. Ce type de situation peut vous permettre d’aborder les blocs 1, 2, 4, 5 et 6 du référentiel. Il ne s’agit pas nécessairement de raconter un accompagnement qui a été problématique : ce qui compte avant tout, c’est votre posture professionnelle, qui doit être représentative du métier d’EJE. Il est également impératif d’être 100% à l’aise avec ce qui s’est passé dans cette situation afin d’en parler sereinement à l’oral.

Je vous conseille également de développer une situation de mise en place d’un projet qui implique — si possible — des partenaires, le réseau de la structure ou encore des intervenants. Ce type de situation vous permet généralement d’aborder les blocs 1, 3, 5, 6, 7 et 8 du référentiel. Montrez ici votre rôle de coordinateur·trice du projet, de fédérateur·trice de l’équipe.

Pourquoi ces deux grands types de situations ? Parce qu’ils permettent ensemble de couvrir l’ensemble des blocs de compétences du référentiel. L’accompagnement de l’enfant et de sa famille ancre votre posture éducative et relationnelle ; le projet démontre votre capacité à analyser, à impulser, à coordonner. L’un sans l’autre laisserait des pans entiers de votre professionnalité dans l’ombre.

VAE EJE - choisir ses situations

Combien de situations choisir ?

En règle générale, je recommande 2 à 3 situations par expérience professionnelle retenue. Si vous avez choisi 2 ou 3 expériences différentes dans votre livret, veillez à ne pas dépasser 4 situations au total.

Pourquoi cette limite ? Parce que le jury attend de vous que vous ayez conscience de la transversalité des compétences d’EJE. Multiplier les situations ne prouve pas davantage de compétences : cela peut au contraire donner l’impression que vous n’avez pas su identifier ce qui était vraiment représentatif de votre posture. Mieux vaut 3 situations bien choisies et bien développées que 5 situations survolées.

Comment choisir ses situations ?

Règle n°1 : être 100% à l’aise avec ce qui s’est passé. Le jour de l’oral, vous devez pouvoir en parler sereinement, sans avoir peur d’être « coincé·e » par une question du jury.

Règle n°2 : qu’elles soient représentatives de votre posture d’EJE. Il faut donc que vous ayez joué un rôle d’initiateur·trice, de coordinateur·trice du projet ou de l’accompagnement. Bien sûr, le travail en équipe doit quand même y apparaître.

Règle n°3 : avoir du recul sur la situation. Dans la mesure du possible, vous devez pouvoir en dresser un bilan, montrer que vous avez cheminé depuis, que vous êtes en mesure de prendre du recul sur ce que vous avez proposé — mais cela peut également se faire le jour de l’oral.

Les pièges classiques à éviter

Certaines situations reviennent souvent dans les livrets… et fragilisent la candidature. Voici les erreurs les plus fréquentes :

La situation mal digérée. Un conflit avec une famille, une situation de maltraitance, un décès… Si vous n’avez pas suffisamment de recul émotionnel sur ce qui s’est passé, évitez d’en faire une situation de livret. Le jury peut poser des questions déstabilisantes, et vous devez pouvoir y répondre avec sérénité.

La situation menée par une autre professionnelle. Si vous étiez en observation, en soutien, ou simplement présente, ce n’est pas votre situation. Le jury doit voir votre rôle, votre analyse, vos décisions. Une situation dans laquelle vous avez été exécutante ne met pas en valeur votre posture d’EJE.

La situation menée en solo. À l’inverse, une situation dans laquelle vous avez tout fait seule, sans jamais impliquer l’équipe, les parents ou les partenaires, interroge sur votre capacité à travailler en réseau — pourtant au cœur du métier d’EJE.

La situation dont les familles sont absentes. L’EJE travaille avec les familles, pas à leur place. Si votre situation ne fait aucune place à la relation avec les parents — à leur point de vue, à leur implication, à la co-construction — le jury y verra un angle mort important.

La familiarisation ou l’adaptation décrites jour par jour : très honnêtement, c’est long et ennuyeux à lire. De plus, le rôle de l’EJE est bien plus large que cela, une familiarisation n’est donc pas vraiment représentative de ce rôle.

Pour conclure

Cet article concerne le référentiel de 2018, actuellement encore en vigueur pour de nombreuses candidatures. Un article dédié au nouveau référentiel de 2026 et à ses implications pour le choix des situations sera publié très prochainement. 

Nina Fréour Riette – EJE, accompagnatrice à la VAE, formatrice et jury VAE EJE.

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